Le s'4 novembre au soir



Je drais voudrais vous dire que c'est avec un indicible pincement au cœur que j'entrevois déjà s'évanouir un autre s'4 novembre au soir.









Un honnête citoyen






Commentaire lu sur le site www.cinemamontreal.com à propos du film Law Abiding Citizen (Un honnête citoyen en VF) :


"Action, explosion, corruption, violence, manipulation, tous les ingrédients sont là pour réussir."


Un honnête citoyen, indeed.



Comme une fraîche odeur de sentent bon film





Dans la vie d'un gars qui écrit sur le cinéma pour pas d'argent, il arrive parfois qu'un film sorti de nulle part le terrasse d'une gauche fulgurante l'expédiant illico au tapis pour le fatidique compte de 10. Mais pas souvent. Bien sûr, cette métaphore toute sportive s'est déjà concrétisée ce soir mythique où mon père a ramené à la maison une fabuleuse invention nouveau genre et que j'ai eu la chance de visionner Rocky II en format "modifié pour remplir votre écran de télévision", mais, en rétrospective, il se peut que mes 11 ans et demi en particulier et mon manque de culture générale en général, aient quelque peu faussé la valeur de mon jugement concernant l'œuvre de Sylvester Stallone; et puis, à vrai dire, je n'avais même pas encore vu, à l'époque, l'infiniment supérieur Rocky I, cet évènement ne devant survenir qu'une année plus tard, soit en 1981.

Né d'un père italien et d'une mère québécoise, Ricardo Trogi, 11 ans, voit sa vie quelque peu chamboulée en 1981: nouvelle maison, nouvelle école, nouveaux élèves mais surtout découverte de nouveaux sentiments jusque-là inconnus et désormais incarnés par la belle Anne Tremblay qui vient tout juste de lui apprendre à écrire en lettres attachées et dont le bras a frôlé le sien. Rapidement, le jeune Ricardo ne voit qu'une seule arme pour se faire accepter par cet environnement étranger : le mensonge. Ayant promis à quelques camarades de classe des revues de filles tout nu qu'il ne possède pas, le stratagème semble fonctionner pour un temps. Mais cela sera-t-il suffisant pour conquérir le cœur de cette Anne Tremblay à la fois si près mais si inaccessible ?

Ah... !, mille neuf cent quatre-vingt-un. Les pitounes rouges et bleues au club vidéo; le match des étoiles du baseball majeur à Montréal; Denis Herron, Richard Sévigny et Rick Wamsley devant le filet du tricolore; le radio-transistor en dessous de mon oreiller; et une certaine Christine D. dans ma tête.

Si la qualité d'un film se mesurait uniquement en fonction du degré d'identification qu'il suscite chez le spectateur, alors le nouvel opus de Ricardo Trogi serait, dans mon livre à moi, un chef-d'œuvre absolu. Mais puisque mon livre à moi n'est malheureusement lu que par à peu près 4-5 personnes, il faut se rendre à l'évidence et apprécier "1981" pour ce qu'il est : un bon petit "sentent bon film". Exactement oui. Un bon petit "sentent bon film" * dont la fraîche odeur issue d'une époque révolue intoxique d'un spleen enivrant l'âme du petit garçon de 11 ans en nous.

(* On appréciera jamais assez les incroyables percées technologiques qui sont réalisées chaque jour et dont le traducteur en ligne du Google est un fabuleux exemple parmi tant d'autres.)

Mais, vous dites-vous à la lecture de l'image boiteuse du dernier paragraphe précédant l'aparté, le réalisateur impénitent d'"Horloge Biologique" et de "Québec-Montréal" se serait-il assagi avec l'âge ? Question rhétorique des plus futile répondrais-je, puisque même le plus caustique des cinéastes québécois a le droit inaliénable de jeter un regard emprunt d'une nostalgie tendre et sincère sur son passé, ne serait-ce que le temps d'un long métrage de fiction.

Ceci dit, il serait injuste de confondre la sensibilité nouvelle manifestée par Trogi avec la guimauverie d'un "Conte pour tous"; l'irrésistible séquence où le jeune héros se fait demander s'il avait déjà fait ça, lui, "passer un doigt" nous rappelant crûment que l'on est bien loin de l'insupportable univers aseptisé de "La guerre des tuques" *. Et puis, bien qu'il ait quelque peu baissé sa garde avec "1981" -- comme en témoigne la scène où Ricardo et ses compagnons, laissant momentanément tomber les masques, y vont, à tour de rôle, de touchantes confidences -- , Trogi restera toujours Trogi. Merci Dieu pour ça.

(* J'en profite d'ailleurs pour recommander à tous ceux qui ont trouvé bien bon le film d'André Mélançon, de visionner l'autrement plus authentique "Comme les six doigts de la main" du même réalisateur, sûrement non disponible dans un club vidéo près de chez vous et dont le thème du générique n'est pas chanté par Nathalie Simard.)

Certes, on pourrait reprocher à l'auteur le caractère quelque peu anecdotique du récit mais le charme indéniable de l'ensemble, soutenu par la truculente narration dite par Trogi lui-même et qui sert de contrepoids humoristique aux tribulations du jeune héros égocentrique, remporte malgré tout la mise. Notons également les réjouissants flashbacks fantaisistes greffés à l'histoire sous la forme de petites saynètes représentant l'enfance du papa italien de Ricardo, et où les méchants Nazi parlent, évidemment, avec un accent québécois bien senti.

Cependant, cette entreprise basée sur la fine observation des petits riens de la vie tournerait rapidement à vide sans une interprétation de premier ordre; mais premier ordre il y a : Jean-Carl Boucher, dans le rôle-titre, est d'un naturel confondant et porte avec brio, sur ses frêles épaules, l'œuvre de Trogi. Quant aux autres interprètes -- jeunes et adultes --, ils sont tous très bien dirigés, mais c'est Sandrine Bisson, dans le rôle de la flamboyante maman de Ricardo, qui vole la vedette, faisant mouche à chacune de ses apparitions.

Œuvre éminemment personnel avec ses références aux "Kiwi" rouges, pintes de lait Laval, et autres sacs à jus de chez Perrette, "1981" rejoint malgré tout -- comme c'est souvent le cas en pareil circonstance -- l'universel; car, pour citer un internaute entre 18 et 25 ans : "C'est vraiment pas compliqué à comprendre et en plus c'est drôle."

Que demander de plus ?








La vengeance de Shosanna





Sources intarissables pour apprendre plein d'affaires en retard, les internets m'informaient récemment de cet évènement pourtant important mais dont on a peu parlé de ce côté-ci de l'Atlantique : la "Nouvelle Vague" a 50 ans *.

(* 50 ans : à cette époque presque trop formidable qu'est la notre, aussi bien dire l'éternité -- encore que l'éternité, pour une génération abonnée aux clips jetables après usage sur youtube, est une chose toute relative.)

Quelque part au cours de la saison '59-'60 donc, de jeunes cinéastes sans expérience investirent simultanément de leur premières œuvres les salles obscures de l'Hexagone. Enfants de l'après-guerre nourris aux films de genres américains trop longtemps mis sous embargo par l'envahisseur allemand, ces véritables fous du cinématographe défièrent chacun à leur manière, à coups d'audace et de bravades stylistiques, l'idée que l'on pouvait alors se faire d'un cinéma dit de "qualité". Figure de proue de ce mouvement, François Truffaut avait posé les bases théoriques de leur démarche collective quelques années plus tôt dans les pages des "Cahiers du cinéma" en osant considérer le réalisateur comme seul et authentique auteur d'un film.

Si cette "politique des auteurs" développée par Truffaut et mise en pratique par lui et ses camarades de la "Nouvelle Vague" a quelque peu sclérosé un cinéma français devenu trop nombriliste ces dernières années par la faute de cinéastes ayant faussement assimilé la notion d'auteur avec celle d'ennui, elle a quand même eu l'énorme avantage de mettre les choses au clair une bonne fois pour toute, en conférant à cet auteur suprême tous les droits; y compris celui de changer le cours de l'Histoire à grands coups de batte de baseball dans face et d'utilisation inventive de pellicules au nitrate hautement inflammable.

Chapitre premier. Nous sommes en 1940 dans la France occupée. Un fermier français reçoit la visite impromptue d'un colonel nommé Hans Landa. Ce dernier a reçu pour mission de débusquer les derniers juifs pouvant se terrer dans la campagne française. Alors que Landa interroge le paysan, nous découvrons progressivement que dernière la façade trompeusement affable du SS, se cache un polyglotte cruel et rusé doté d'une prodigieuse intelligence. Au terme de la conversation, Landa finira par extirper les aveux du fermier, fusillera la famille juive que celui-ci hébergeait clandestinement mais laissera filer leur fille aînée Shosanna, offrant à Tarantino l'occasion unique de nous servir une nouvelle variation sur le thème de la vengeance.

Que ce résumé, rempli d'une mauvaise foi que n'aurait sans doute pas renié Tarantino s'il savait lire le français, semble bien différent de la bande annonce du film et n'ait strictement rien à voir avec un quelconque commando de bâtards n'est pas le fruit du hasard; car, tel un William Castle post-moderne -- cet Alfred Hitchcock des pauvres mais grand manipulateur et promoteur de génie --, Tarantino semble avoir pris un malin plaisir à rouler dans la farine tous ceux qui espéraient un "Douze Salopards" version kascher * alors que son intention était visiblement ailleurs; et cet ailleurs se trouve dans le titre de cet article.

(* Un coup d'œil rapide au box office obtenu par "Inglourious Basterds" semble confirmer la réussite totale de la supercherie de Tarantino qui a su magistralement dissimuler cette réalité incontournable : les exploits sanglants des bâtards occupent, tout compte fait, bien peu de temps d'écran.)

Variation sur le thème de la vengeance disions-nous; thème que Tarantino avait lui-même visité dans son précédent opus "Kill Bill" vol. 1 et 2 prenant alors pour inspiration son maître à penser Sergio Leone et ses classiques "Pour quelques dollars de plus" et "Il était une fois dans l'ouest". Mais alors que le spectateur était tenu dans l'ignorance quant aux réelles motivations des personnages incarnés par Lee Van Cleef dans "Pour quelques dollars de plus" et Charles Bronson dans "Il était une fois dans l'ouest" jusqu'à l'apothéose de la confrontation finale entre le bon et le méchant, ici rien de tel; mis au parfum dès la première séquence, nous attendons quasi passivement la (malgré tout mémorable) vengeance de Shosanna et il est à regretter que Tarantino ait quelque peu dilué, de ce fait, la force dramatique qui faisait toute la grandeur des films de Leone.

Si le canevas de base d'"Inglourious Basterds" repose sur cette thématique cher à Sergio Leone, la construction de plusieurs séquences clés du film s'en remet, quant à elle, à la mécanique du suspense hitchcockien.

Examinons, même si vous ne le voulez pas, ce très savant tableau :

Situation de base :
Le colonel SS Hans Landa rend une visite "de formalité" à un fermier français.
Élement introduisant le suspense :
La caméra surprend une famille juive à travers les fissures du plancher.
Résultat appréhendé par le spectateur :
Oh non, Landa va découvrir la cachette de la famille juive et ça va se terminer dans un bain de sang.

Situation de base :
Le chef des bâtards Aldo Raine questionne un prisonnier nazi pour obtenir des renseignements sur l'emplacement des troupes allemandes. Le prisonnier refuse de répondre.
Élement introduisant le suspense :
Du fond d'un tunnel, l'écho produit par un bâton de baseball résonne de plus en plus fort.
Résultat appréhendé par le spectateur :
Oh non, le crâne du prisonnier nazi va découvrir le bout du bâton de baseball et ça va se terminer dans un bain de sang.

Situation de base :
Lors d'un repas, Hans Landa retrouve Shosanna qui vit maintenant sous une fausse identité.
Élement introduisant le suspense :
Landa commande un verre de lait comme il l'avait fait chez le paysan qui hébergeait la famille de Shosanna.
Résultat appréhendé par le spectateur :
Oh non, Landa va découvrir la véritable identité de Shosanna et ça va se terminer dans un bain de sang.

Situation de base :
Dans un bar, un espion anglais rencontre incognito une actrice allemande qui est agent-double pour les alliés. Un moyen-gradé allemand insistant se joint à eux.
Élement introduisant le suspense :
En passant une commande au barman, l'espion fait un geste avec ses doigts qui semble soulever la suspicion du moyen-gradé.
Résultat appréhendé par le spectateur :
Oh non, le moyen-gradé va découvrir que l'espion est un imposteur et ça va se terminer dans un bain de sang.

Situation de base :
À la première du film de propagande "La fierté d'une nation", Hans Landa rencontre Aldo Raine et deux de ses bâtards qui se font alors passer pour des représentants du cinéma italien bien que Raine sache à peine dire "Buongiorno" avec son gros accent de l'est du Tennessee.
Élement introduisant le suspense :
Landa engage la conversation avec les bâtards dans un italien impeccable. Raine répond "Buongiorno" avec son gros accent de l'est du Tennessee.
Résultat appréhendé par le spectateur :
Oh non, Landa va découvrir que les bâtards sont des imposteurs et ça va se terminer dans un bain de sang.

Un esprit avisé devra admettre que cette mécanique, une fois décodée, tel un vieux film de zombies * coté "7" a un je-ne-sais-quoi de, comment dirais-je, répétitif et mine quelque peu l'inventivité intrinsèque de l'œuvre de Tarantino.

(* Vous admettrez aussi l'habileté déconcertante affichée par l'auteur de ces lignes, utilisant brillamment une métaphore reliée à un genre cinématographique prisé par Tarantino lui-même pour souligner la récurrence toute périodique de cette mécanique.)

Malgré tout, ne boudons pas notre plaisir qui risquerait de le prendre personnel en nous quittant pour toujours vers quelques paradis fiscaux lointains et reconnaissons à Tarantino un sens du spectacle certain doublé d'un talent de dialoguiste hors du commun comme le prouve ce délicieux dialogue truffaldien * entre Shosanna et le jeune héros de guerre nazi lors de leur première rencontre, dissertant -- en français -- sur le cinéma et ses auteurs ** ainsi que tous ceux, remarquables, qu'il met dans la bouche du personnage de Hans Landa; faisant de ce dernier l'un des plus terrifiant méchant de l'histoire récente du cinéma et permettant, par la même occasion, à Christoph Waltz de rafler le prix de la meilleure interprétation masculine au dernier festival de Cannes mais surtout d'espérer élargir une carrière qui se cantonnait, jusque là, à des téléfilms allemands dont personne n'avait jamais entendu parler.

(* truffaldien : adjectif masculin singulier; relatif à l'univers cinématographique de François Truffaut.)

(** Cet élément d'analyse juxtaposé avec l'introduction de cet interminable texte digne d'un Pulitzer, prouve aussi, une fois de plus, l'exactitude éternelle des célèbres mots du philosophe grec Anaxagore : toutte est vraiment dans toutte.)

Mais trève de divagations, et posons-nous, pour ensuite mieux y répondre, cette question qui nous tarabuste l'esprit depuis un bon moment déjà : À l'arrivé que reste-t-il du chef-d'œuvre auto-proclamé de Tarantino ?

Un réel souci d'authenticité linguistique, trop peu de scalps, la sublime Mélanie Laurent dans le rôle de Shosanna et la chance pour Christoph Waltz d'interpréter le vilain dans la prochaine adaptation cinématographique du "Green Hornet".

Qui l'eut cru ?








Je le savais ! (Je vous jure)




Une recherche sur le Google vient de me confirmer ce dont je me suis toujours douté : Sarkozy est bel et bien le fils illégitime de Louis de Funès.



Oh Kate






Kate Winslet vient d'avoir 34 ans. C'est tout; rien à rajouter.



Oh Lover Boy






On ne le dira jamais assez souvent : dans la tête d'un petit garçon de 8 ans en 1977, Irwin Allen était un véritable génie. "Voyage aux fond des mers", "Perdu dans l'espace" et "Au cœur du temps" délimitaient alors les limites d'un univers fantastique ou tout était possible. Qu'importe les scénario puérils et répétitifs, les dialogues affligeants de pauvreté et les décors en carton-pâte. Qu'importe aussi que les mêmes monstres en rubber et autres extra-terrestres à la peau argenté soient réutilisés jusqu'à plus soif dans les différentes séries du célèbre producteur. Pour paraphraser l'agent Mulder dans sa version française : "La vérité était ailleurs". Rêver, s'évader d'un quotidien par trop ordinaire, vivre par procuration des aventures extraordinaires; voilà où était l'essentiel. Analyser l'œuvre d'Irwin Allen sans reconnaitre et assimiler cette réalité fondamentale serait farouchement absurde.

Mais puisque nous n'en sommes pas à une absurdité près, c'est en faisant gracieusement abstraction de cet élément d'irrationalité affective que je vais maintenant tenter de vous entretenir de ce film-fantasme par excellence qu'est "Dirty Dancing".

Nous sommes en 1963, quelques mois avant l'assassinat de JFK. Baby, 17 ans, accompagne sa famille dans un camp de vacances pour gens huppés dans les montagnes Catskill. Bonne fille à papa, elle participe docilement aux inoffensives activités offertes par le camp même si l'atmosphère feutrée et le charme suranné de celui-ci semble quelque peu l'ennuyer. Un jour, son attention est attiré par le séduisant instructeur de danse Johnny Castle dont elle tombe secrètement amoureuse. Grâce à un improbable MacGuffin, Baby deviendra éventuellement la partenaire de danse de Johnny; découvrant, chemin faisant, un monde remplis de sueurs, de passions et de Levis 501 taille haute circa 1986.

À la suite du visionnement de "Dirty Dancing", un cinéphile normalement constitué ne peut que s'interroger sérieusement sur les raisons du succès aussi monstrueux qu'inattendu que ce film a obtenu -- et continue toujours d'obtenir -- auprès d'une certaine clientèle-cible. Anachronismes multiples, scénario controuvé cousu de fil blanc, réalisation terne digne d'un téléfilm et personnages stéréotypés à la psychologie dissonante; rien, dans le cœur de ses admiratrices, ne semble vouloir arrêter ce prodigieux "train qui file dans la nuit".

Pourquoi ? La raison est simple et ne porte qu'un nom : Patrick Swayze. L'air rebelle et le muscle saillant, Swayze tient carrément le film à bout de bras. Sans lui tout s'effondrerait comme un misérable château de cartes et les dévédés de "Dirty Dancing" se retrouverait aujourd'hui dans les bacs à 99 ¢ chez votre détaillant à grande surface favori. Quant à Jennifer Grey, beaucoup trop vieille pour son rôle de jeune midinette *, elle fait de son mieux; quoique parfois, le mieux est l'ennemi du bien.

(* Oui je sais, "jeune midinette" est un pléonasme vicieux mais nous n'en sommes pas à un pléonasme vicieux près non plus. Notons par ailleurs que Swayze, à la lecture du scénario, n'était guère enthousiaste pour ce projet, n'y voyant qu'une histoire plutôt proprette et sans grand intérêt. Nous désirons prendre l'espace qui nous est allouée entre ces deux parenthèses pour y souligner la grande acuité intellectuelle de Swayze.)

Soyons bon prince et soulignons toutefois l'irrésistible scène entre Baby et Johnny au son de "Lover Boy". Un vrai moment de cinéma. Regrettons toutefois que ce moment ne dure qu'une minute dix secondes. Eussions-nous eu droit à davantage de séquences semblables que la qualité du film en eu été profondément rehaussé. Mais à quoi bon se formaliser de considérations aussi futiles puisque ce film, en définitive, défie toute critique.

Authentique bleuette sans conséquence, sinon que de favoriser les ventes de sa trame musicale au détriment de la cohérence historique du récit, "Dirty Dancing" défie aussi toute logique; et, à l'image de son héroïne, il est de cette race de film qu'on ne peut pas mettre dans un coin.

Peut-importe ce que cela veut dire.





Ce clip est dédié à ma petite sœur qui habite, loin, loin de moi.



L'UQ(u)AM met Orson Welles KO



Le plus célèbre plan-séquence de l'histoire cinéma :



Et maintenant, ce vidéo remarquable réalisé par des étudiants de l'UQAM, le 10 septembre 2009 :





Pendons Polanski



Les récents évènements entourant l'arrestation en Suisse de Roman Polanski et les commentaires hostiles que ceux-ci ont généré sur les internets, nous rappelle ceci : il n'y a rien de plus édifiant qu'une foule en colère; aussi virtuelle soit-elle.

La bête humaine dans toute sa splendeur.

Aussi, foule en colère, ce clip vous dédié :





Y'know... for kids!






C'est avec une grosse pointe d'émotion que j'ai souvenance du fameux cinéma Loew's situé au coin des rues Mansfield et Saint-Catherine et de sa non moins fameuse salle numéro 5. Si, pour les moins jeunes d'entre-nous, la salle numéro 1 du cinéma Loew's était synonyme de faste et d'opulence, on peut difficilement dire la même chose de sa plus petite salle. Localisée quelque part aux confins de l'arrière-scène et de l'entre-toit, la salle numéro 5 avait l'insigne privilège de recevoir les films que personne ne voulait voir tel que "Crocodile Dundee 2" ou encore "The Hudsucker Proxy". Puisque les raisons obscurs pour lesquelles personne ne voulait voir "Crocodile Dundee 2" sont aujourd'hui toujours sans réponse, je vais plutôt vous entretenir de ce classique méconnu qu'est "The Hudsucker Proxy".

Objet unique dans la filmographie déjà très éclectique des frères Joel et Ethan Coen, "The Hudsucker Proxy" se veut un hommage amusé à la screwball comedy américaine des années 30 et 40. Coincé entre le plus intellectuel "Barton Fink" récipiendaire de la Palme d'Or à Cannes et du plus commercial "Fargo", Oscar du meilleur scénario original, ce film n'a malheureusement pas connu le succès critique ni commercial qu'il méritait.

"The Hudsucker Proxy" raconte les pérégrinations de Norville Barnes, un jeune diplômé de la prestigieuse école de commerce de Muncie, Indiana, venu tenter sa chance dans la grosse pomme.
Devenu petit employé de bureau à la Hudsucker Industries, il se verra propulser président fantoche par le conseil d'administration à la suite du suicide du fondateur de la compagnie. Voyant en lui le plus parfait des imbéciles, le vice-président Sidney J. Mussburger espère que sa nomination aura pour effet de dévaluer artificiellement la valeur des actions de la compagnie; permettant aux membres du conseil d'administration de reprendre le contrôle de celle-ci à prix d'aubaine. Flairant le pot aux roses, Amy Archer, une journaliste gagnante du prix Pulitzer, mène l'enquête. Mais bientôt, munis simplement d'un petit croquis chiffonné représentant un cercle -- Y'know... for kids! --, Norville va démontrer à tous qu'il n'est peut-être pas l'idiot patenté que l'on croit.

Comme le faisait remarquer, avec un à propos concis mais plein de bon sens, un contributeur éclairé au forum de discussion de imdb.com : "What's not to like about this movie? *".

(* Bien sûr, tous les goûts sont potentiellement dans la nature, mais on s'explique difficilement que ce film ce soit écrasé si lamentablement au proverbial box office américain, ne récoltant que 3 millions de dollars sur l'ensemble du territoire domestique.)

Dès les premières images du film, le ton est donné. Musique, photographie et direction artistique s'unissent dans une symbiose d'une émouvante beauté. Le véritable amant du septième art ne peut s'y tromper : tout, de ce que j'oserais presque appeler "l'insaisissable magie du cinématographe", est dans cette séquence d'ouverture. D'ailleurs, si la presse plus ou moins spécialisée a reconnu dans le récent "Inglorious Basterds" la déclaration d'amour de Quentin Tarantino au cinéma, j'ajouterais que "The Hudsucker Proxy" est celle des frères Coen. Mais alors que chez Tarantino -- un cinéaste éminemment bavard -- cette déclaration trouve écho à travers les mots de l'auteur, chez les frères Coen elle passe avant tout par la mise en scène, brillante et inventive. Le suicide de Waring Hudsucker, la livraison de l'inquiétante "blue letter", la création et la mise en marché de l'invention de Norville : tant de morceaux de bravoure qui laissent le spectateur pantois d'admiration.

Mêlant habilement la satire sociale d'un Preston Sturges, l'idéalisme bon enfant de Frank Capra et la farce burlesque la plus pure, le scénario, ici, n'est qu'accessoire; et le petit croquis de Norville qu'un ingénieux MacGuffin.

Quant à la distribution, elle est à l'image d'une résidence qui se vend rapidement, même en temps de crise économique : impeccable. Dans la peau du naïf Norville Barnes, Tim Robbins est formidable; son sens du rythme et du slapstick étant d'une précision quasi chirurgicale. Paul Newman en Sidney Mussburger est retord à souhait; à lui seul, il suinte l'arrogance et la suffisance d'un Wall Street tout-puissant. Et Jennifer Jason Leigh, dans le rôle de la journaliste qui parle plus vite que son ombre, fait sa meilleure imitation d'un croisement hybride entre Rosalind Russel et Katherine Hepburn.

Cependant et comme en fait foi sa désastreuse note de 59% sur rottentomatoes.com, la vaste majorité de la critique dite "sérieuse" a décrété d'emblée que "The Hudsucker Proxy" n'était qu'un exercice de style puéril sans aucune substance. Roger Ebert a même écrit : "Pas le moindre effort n'est fait pour suggérer que le film prenne sa propre histoire au sérieux". Une telle affirmation démontre bien que le respecté critique n'a strictement rien compris aux intentions des frères Coen.

Ode à la puissance des images en mouvement, "The Hudsucker Proxy" ne tente jamais d'occulter sa propre représentation; au contraire, il la célèbre. Gratte-ciels écrasants sorti tout droit d'un film de Fritz Lang, décors de studio rappelant l'univers dystopien de "Brazil", suspension provisoire du temps et de l'espace comme chez Tex Avery; tout est mis en œuvre pour nous rappeler, à chaque instant, cette évidence suprême : le cinéma est plus grand que la vie, mais surtout, plus fort que la mort.

Même dans l'exiguë salle numéro 5 du Loew's.








En petit-déjeunant avec vous

Anxieux de s'attaquer à un nouvel opus des aventures du CHEVALIER noir, CHRISTOPHER NOLAN se demande s'il y a déjà eu un bon TROISIÈME film dans une franchise. La question ICI. Les réponses . Désirant sans doute battre un record de recursivité, David Cronenberg planche sérieusement sur un projet de remake de son propre remake de 1986 THE FLY. Parlant de REMAKE, de nouvelles photos du REMAKE du film Red Dawn sont maintenant disponibles. Victime d'un TRAQUENARD, Roman Polanski vient d'être arrêté en Suisse pour une HISTOIRE DE MŒURS vieille de 30 ans. Le film préféré du maire de MONTRÉAL Gérald Tremblay est Gandhi. Le chanteur de COLDPLAY Chris Martin CÉLÉBRAIT aujourd'hui (hier) le 37ième anniversaire de naissance de sa femme et la NOUVELLE VAGUE a 50 ans.

It's THAT good!



Oubliez "Magnolia". Oubliez aussi "There Will Be Blood" que j'ai même pas encore vu. Si, tout comme moi, vous avez un faible pour le genre "film choral portant sur le milieu de l'industrie pornographique des années 70", vous ne pouvez qu'acquiescer : "Boogie Nights" restera toujours le meilleur film de Paul Thomas Anderson.





Captain America Legacy Film (VF)







Ben Ryan alias le Capitaine America face à une mur de brique avec un trou dedans dans le chef d'œuvre edwoodien "Captain America Legacy Film".




En primeur mondiale et dans un français approximatif, voici la traduction du plus grand court-métrage du 21ième siècle :

Captain America Legacy Film.

Entièrement écrit, réalisé, filmé, produit et interprété
par Ben Ryan.
(À l'exception des images d'archives de la deuxième guerre mondiale et de la trame musicale.)

"Dédié aux enfants du monde entier, à nos héroïques vétérans et braves soldats, et à mes grands-pères vétérans de la deuxième guerre mondiale Bill et Benny."

Sur fond d'images d'archives de la deuxième guerre mondiale un narrateur nous raconte son histoire.

NARRATEUR
C'était en début de 1944. J'étais allé seul en Afrique du Nord après avoir appris que Hitler y avait dépêché deux de ses plus hauts gradés pour y tester une technologie que l'on croyais encore plus puissante que notre bombe atomique et qui n'était pas de ce monde. Les Nazis avaient été défait en Afrique du Nord plus tôt mais ceci était leur chance de revenir en force et d'établir une nouvelle zone de domination pour ainsi lancer de nouvelles offensives qui auraient pu changer l'issue de la guerre.
J'ai fait ce que j'ai pu pour avertir nos forces et alerter Washington mais ils ne voulaient pas m'écouter. Le général Eisenhower a envoyé une équipe spéciale composée de ses meilleurs hommes pour m'accompagner vers le nord dans le but d'utiliser ma force comme fer de lance en vu du Jour J. J'étais donc là, fixant les yeux de ses soldats qui étaient déterminés à m'évacuer d'Afrique du Nord mais je n'étais pas prêt à quitter...

On retrouve le narrateur, le Capitaine America face à une mur de brique avec un trou dedans. Il parle aux troupes venues l'évacuer.

CAPITAINE AMERICA
- Je ne suis pas prêt à quitter les gars; j'ai encore du travail à faire et j'ai besoin de votre aide. Les Nazis seront ici d'ici quelques heures et ce village, et tout le reste de cette région, vont bientôt se faire écrapoutir.

UN SOLDAT
- J'ai pas le goût de me batte pour les noirs !

CAPITAINE AMERICA
- J'ai averti les anglais mais ils sont trop occupés à se battre avec les italiens et ils sont à deux journées d'ici. Le temps qu'ils nous rejoignent, il ne restera plus rien.

UN AUTRE SOLDAT
- On veut pas se batte pour les noirs !

CAPITAINE AMERICA
- Les généraux Rommel et Guderian ont plusieurs divisions de panzers tigres et ce qu'ils manquent en nombre de troupes de méchants Nazis sont compensés par leur nouvelle et redoutable force de frappe (genre).
(pointant vers quelque part)
- Maintenant, on peut commencer en déplaçant ce canon anti-char vers ce rocher et ensuite nous allons...

UN SOLDAT
(interrompant le Capitaine America)
- En tout cas les filles françaises sont pas mal plus belles que ces chiennes... de faces... de singes... de maudites femmes laides. Pas vrai les gars ?

CAPITAINE AMERICA
(pour détendre l'atmosphère)
- Je ne sais pas pour vous, mais moi j'ai vu beaucoup de belles filles africaines. Je crois que vous êtes juste intimidés; parce que les filles ici sont plus "comme" des femmes.
(en serrant le point)
- Elle sont fortes.
(en pointant le soldat raciste)
- Et je crois que t'as juste peur qu'elle te force à faire cuire le souper et qu'elle te jette sur le lit après !

Les soldats se mettent à rire à l'unisson.

CAPITAINE AMERICA
- Bon écoutez; tout le monde écoutez...

UN SUPÉRIEUR
(hors champ)
- Capitaine vous avez vos ordres. (Inaudible) Où devrais-je vous appeler Rabitt (euh..) Roger? (!??)

CAPITAINE AMERICA
- Je sais qu'on vous a tous expliqué ce que je suis, mais vous ne savez pas QUI je suis. Je suis plus qu'un soldat et je ne suis pas une machine. Avant de joindre l'armée, j'étais comme la plupart des gens en Afrique du Nord. J'étais un véritable gringalet. Ils disaient que j'étais inapte à servir mon pays. Je sais ce qu'on ressent quand on est traité comme un misérable crève-la-faim. Je me souviens dans les rues de Manhattan; je me tenais... avec des trous dans mes souliers... avec un estomac vide... et j'ai regardé là bas dans la rue et j'ai vu le recruteur passer devant moi. Alors que les rumeurs au sujet du III ième Reich d'Adolf Hitler se propageait, je voulais faire être un des leurs; je voulais être un soldat, pour servir mon pays, pour combattre les Nazis.

La foule écoute en silence.

CAPITAINE AMERICA
- Au début de cette guerre, je combattais seulement pour mon pays. Mais, jour après jour, j'ai réalisé progressivement que je combattais pour beaucoup plus que cela; et pour tellement de bonnes gences de différentes nations. Je suis fier de dire que j'ai combattu aux côtés des français, des africains, et mêmes des russes pour ne nommer que ceux-là. Et je vous le dis, ces hommes sont des hommes d'honneurs. Quand nous faisions face aux tirs nourris de l'ennemi et que nous regardions sur nos flancs, nous ne voyions pas de drapeau, ni de couleur de peau; nous voyions seulement nos frères d'armes.

SOLDAT
- (Inaudible) negro-lover ? T'es pas le Capitaine America !

CAPITAINE AMERICA
- Je SUIS le Capitaine America.

Le Capitaine America fait des moulinets avec son bouclier magique et le dépose par terre.

LA FOULE
- Hey. Wo. wo. wo.

CAPITAINE AMERICA
- Mais je ne laisse pas les couleurs de ce drapeau me définir. Je suis plus qu'un soldat, je suis un individu qui se bat pour ce qui juste et pas seulement pour ce qui est bleu, blanc et rouge. J'aime et je respecte mon pays mais je ne serai pas forcé de suivre aveuglément les leaders de mon pays quand c'est au détriment de mon honneur en tant qu'homme. Je me bat pour chaque homme, femme et enfant qui ont en eux la fibre même de l'Amérique. La passion pour l'amour, pour la vie, pour la liberté et la justice vibre à travers tellement de millions de bonnes gences partout à travers le monde. Et j'ai été mis en contact, ici en Afrique du Nord, avec certaines des personnes les plus formidables qui ne demandent RIEN et travaillent
(en serrant les poings)
pour TOUT ce qu'ils ont.
(continuant)
Ce sont des gences comme ça qui incarnent ce que notre pays représente.

UN SOLDAT
- J'ai pas envie de me batte pour ces sales nègres-là.

LA FOULE
- Boo, boo, boo

UN AUTRE SOLDAT
- Maudit discours poche.

Images contemporaines d'Africains mourant de faim sur fond de musique dramatique. Zoom in sur le visage puis le bouclier magique du Capitaine America.

CAPITAINE AMERICA
- La différence des couleurs de nos peaux et les langues de nos voix sont simplement les expressions culturelles de comment qu'on a été élevé. Sommes-nous si superficiel qu'ils nous est impossible de juger un individu autrement que par son apparence ? Regardez plus profondément, regardez dans les yeux de ces bonnes gences et puis regardez-vous dans un miroir. Nous sommes tous les mêmes à l'intérieur ! À l'intérieur nous partageons tous tellement des mêmes espoirs, rêves et désirs de libertés. Nous sommes tous connectés comme être humain; et même notre pays, l'Amérique elle-même, est composé d'une très grande multitude de...
(cherchant ses mots)
...anglais ...allemand ...canadiens ...africains ...mexicains, indiens et plus encore !
(réalisant l'importance de la situation)
Ce n'est pas la guerre de l'Amérique, c'est la guerre mondiale !
(pause)
Regardant ici...
(pointant le sol)
...ici et maintenant...
(continuant)
...vers vous tous, je vois fièrement chacun de mes frères. Je vois certains des plusses meilleurs maudits bons soldats de toute la terre. Rien, rien dans ce monde ne me donnerait plus de fierté dans mon cœur que de me battre avec vous. Et ce serait le plus grand honneur de mourir, à vos côtés, pendant la bataille; ne serait-ce que pour s'approcher d'un seul petit pouce supplémentaire de la victoire dans cette guerre que nous combattons tous. Nous ne représentons pas seulement notre pays de l'Amérique; nous représentons nos amis et familles également. Les gars, je veux que vous vous posiez cette question : "Croyez-vous que vos familles seraient fier de vous si elles apprenaient que vous avez laissé toutes ces bonnes gences, tous ces villages mourir alors que vous aviez la chance de les sauver ?" Je ne juge pas une homme selon l'ardeur avec laquelle il se bat, mais plutôt selon la cause pour laquelle il le fait.

L'heure est solennelle. La foule écoute maintenant presque religieusement.

CAPITAINE AMERICA
- Quand je me bat, je me souviens du temps où j'étais un gringalet, incapable de me défendre, lorsqu'il semblait que tous me regardais avec mépris; et je prend ce souvenir de vouloir me battre, de vouloir être fort, de vouloir être un leader. Et je canalise tous ces sentiments dans cette force...
(mettant ses sentiments à nu)
Voilà ce qui fait de moi ce que je suis, les gars; pas ce corps que vous voyez ici.
(frappant l'étoile qu'il porte sur son thorax)
Voilà. VOILÀ.
(continuant)
Voilà ce qu'il y a à l'intérieur de moi. Et c'est ce que j'entrevois également à l'intérieur de chacun d'entre vous ici maintenant. C'est ce feu du guerrier qui brûle à l'intérieur de nous tellement fort, qu'il nous pousse à combattre pour ce qui est juste. De donner tout ce que vous avez pour faire une différence. Puisez au plus profond de vous-même les gars et harnacher ce sentiment. Agrippez-vous à lui solidement et enveloppez-vous à l'intérieur de lui et battez-vous avec moi.
(pointant le sol)
Battez-vous avec moi ICI.
(continuant)
Ensemble, nous pouvons aider ces bonnes gences et stopper la nouvelle offensive d'Hitler. Et ensuite, laissez-moi vous dire, nous allons partir et nous allons reprendre la France. Et ensuite, nous allons foncer au cœur même de Berlin et nous allons expédier Hitler et les Nazis vers un aller simple pour l'enfer en les écrasant. Montrons à ces bonnes gences ce que les États-Unis sont tout au sujet de.

Le Capitaine America se retire derrière son bouclier magique qui est toujours par terre. Il prend possession du bouclier magique et s'adresse une dernière fois aux troupes.

CAPITAINE AMERICA
- Soldats américains !

Le Capitaine America soulève son bouclier magique.

CAPITAINE AMERICA
- RASSEMBLEZ-VOUS !

Images d'archives des forces américaines qui passent à l'attaque.

NARRATEUR
- Nous avons éventuellement gagné la bataille ou cours des jours suivants et les Nazis ont dû retraiter. Durant les combats, mes frères d'armes m'ont démontré que même à l'inférieur des cœurs les plus endurcis, existe le désir de faire ce qui est bon et ce qui juste.

Images d'archives africaines remplies d'espoir.

NARRATEUR
- Nous avons tous fait un pas audacieux ce jour-là dans un chemin qui, aujourd'hui encore, est parcouru par de courageuses et incroyables bonnes gences. D'aussi loin que nous sommes venus dans ce monde, il y a encore tellement de chemin à parcourir. Et c'est mon espoir que lorsque vous ferai face à l'adversité dans votre propre vie, vous allez saisir le moment, et laisser votre cœur vous guider avec.



Un classique (in)oubliable ?






Si pour un représentant de la gent masculine faire l'analyse d'un film de fille est un exercice périlleux, faire la critique de "Dirty Dancing" peut s'avérer carrément suicidaire. C'est donc avec une certaine angoisse que j'envisage de me verser un rafraichissant verre de thé glacé au ginseng, de m'ouvrir un succulent sac de Fritos au BBQ et de regarder ce soit-disant classique inoubliable, question de parfaire ma filmographie patrickswayzienne en particulier et de tester la solidité de mon couple en général.

Restez accordé.



On reste sans voix.



Après le visionnement de ce court-métrage ahurissant, que dire de plus ? Rien. Sinon que jamais depuis les talents combinés d'Edward D. Wood Jr. et d'Irwin Allen des images d'archives de la deuxième guerre mondiale n'auront été aussi judicieusement utilisées.





Wolverines!






La récente et tragique disparition de Patrick Swayze m'a fait constater une triste réalité de ma vie : je n'ai vu, jusqu'à présent, qu'un seul de ses films; le très patriotique "Red Dawn".

Dans ce film de propagande pro-reaganien de 1984, une poignée d'étudiants d'un high school du Mid-West mettent en échec, à eux seuls, une tentative d'invasion militaire à grande échelle des États-Unis par l'armée rouge soviétique et leurs alliés marxistes d'Amérique centrale. Disons-le franchement : bien que le concept de suspension consentie de l'incrédulité fut poussé à son paroxysme par Ed Wood dans les années cinquante, force est d'admettre que la prémisse de base de ce film repousse celle-ci dans ses derniers retranchements.

(A bien y penser, si Jack Bauer -- un autre héros de la droite américaine -- est capable d'investir sans l'aide de personne un bunker remplis de méchants arabes pour secourir in-extremis le Secrétaire à la Défense et sa fille avant même la fin du générique d'ouverture, on se dit plutôt : "Pourquoi pas ?")


Écrit et réalisé par John "gros cigare" Milius, également auteur du confus mais autrement plus inspiré scénario d'"Apocalypse Now", ce film nous offre, à travers un casting de rêve, une véritable constellation de jeunes stars hollywoodiennes montantes et futurs hazbines prématurés tel que C. Thomas Howell , Lea Thompson, Charlie Sheen, Jennifer Grey et, bien sûr, Patrick Swayze.

1984, donc. L'U.R.S.S est l'"Empire du Mal". Bruce Springsteen cartonne avec son tube "Born in the USA". La popularité de Ronald Reagan est à son apogée. En novembre, il est réélu triomphalement président des États-Unis. Après une décennie de morosité, l'hégémonie économique, militaire et culturelle américaine semble à nouveau invulnérable.

Indeed, the pride was back.

***

En fait, pas tout à fait...

Puisque dans l'univers alternatif imaginé par Milius et son co-scénariste Kevin Reynolds, les choses sont loin d'être aussi rose :

- Récoltes de blé au plus bas depuis 55 ans en U.R.S.S.
- Émeutes en Pologne.
- Invasion des troupes soviétiques.
- Effectif des troupes cubaines et nicaraguayennes : 500 000 hommes.
- Le Salvador et le Honduras tombent.
- Les verts prennent le contrôle du parlement en Allemagne de l'Ouest et demandent le retrait des armes nucléaires en Europe.
- Le Mexique sombre dans la révolution.
- Dissolution de l'Otan.
- Les États-Unis restent isolés.

Voilà sans doute ce qui serait arrivé si Jimmy Carter avait été réélu en 1980.

***

C'est dans ce monde de cauchemar appréhendé que Milius plante son décor : la ville de Calumet, au Colorado.

Comme David Lynch le fera 2 ans plus tard dans "Blue Velvet", les premières images du films nous font découvrir, sous un jour idyllique, la parfaite petite ville américaine type. Mais alors que Lynch, avec toute la maestria dont il est capable, cherche à nous faire entrevoir l'hypocrisie latente de la société américaine, les intentions de Milius sont toutes autres; car pour lui, pas de doute, cette Amérique existe bel et bien. Cette sincérité, presque touchante, est la grande qualité rédemptrice de "Red Dawn". Car au delà des invraisemblances du récit, du mauvais jeu des jeunes acteurs, de l'ineptie des dialogues et de celle des soldats communistes -- incapables de mettre hors d'état de nuire une bandes d'ados sans entrainement militaire --, une vérité s'impose : le film est (par moment) plutôt captivant.

En effet, dès que l'intrigue semble vouloir sombrer vers un abime sans fond de médiocrité, un petit miracle surgit. Un rituel de chasse d'une troublante authenticité. Une performance d'acteur sentie : Harry Dean Stanton -- l'inoubliable Travis de "Paris Texas" -- criant à ses fils "AVENGE ME! AAAAVEEENNNGE MEEEE!!!". L'arrivée impromptue d'un vieux guerrier qui en a vu d'autres : le toujours solide Power Booth. Ou encore, la douce mélancolie d'une lettre d'amour d'un héros de la Révolution désabusé. À l'arrivée, tous ces détails font éviter au film le naufrage complet qu'il aurait pu être et lui permettent d'obtenir fièrement la cote la plus moyenne dans le TV Hebdo : un "5".

Ou était-ce un "4" ?

Quoi qu'il en soit, "Red Dawn", témoin d'une époque de paranoïa révolue, aura toujours une place de choix dans la petite histoire du cinéma de propagande anti-communiste.

Et que Dieu bless l'Amérique.








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Bienvenue.






Oui, bienvenue dans le monde merveilleux de mon cerveau. Un monde unique et sans pareil; véritable maelström tourbillonnant peuplé de héros solitaires et d'espions sans nom. De monstres en rubber et de savants fous. D'envolées lyriques en 70mm bien sûr, mais aussi de drames intimistes éclairés par une chandelle.

Ce monde -- conséquence directe d'une consommation abusive de dîners Swanson's à la dinde, de chips BBQ Maple Leaf et de vieux films en noir et blanc tard le soir --, maintenant, vous est ouvert.